Le JT de 20h, l’infobésité et moi :
pourquoi j’ai décidé de ralentir
Le journal de 20h, ça vous parle encore ? Moi, oui. Quand je vais chez ma grand-mère, elle le regarde toujours religieusement après le dîner. Mes parents le mettaient aussi quand j’étais enfant. Aujourd’hui, même eux, qui font pourtant partie de la « génération télé », ont décroché. Ils préfèrent Quotidien, C à vous sur la 5, ou Arte.
Mais alors, comment s’informe-t-on vraiment aujourd’hui ? Mon frère, magistrat, est abonné au Monde en version numérique. Mes parents écoutent beaucoup la radio. Mes amis, eux, tournent autour des médias YouTube indépendants ou d’Arte.
Et vous ? Quelles sont vos habitudes pour vous informer ? Ou au contraire, saturé de contenu, vous avez décidé de ne plus vous informer ?
Approfondissons le sujet.
Ma rupture avec l’actualité « en direct »
De mon côté, j’ai fait un choix radical : je n’écoute plus, je ne lis plus, je ne regarde plus l’actualité à chaud.
Pour m’informer, je compte sur mes proches si quelque chose de grave arrive. Sinon, je me contente de quelques comptes Instagram ciblés (France Radio, France Culture, Arte) ou des médias indépendants (Usbek et Rica entre autre) qui traitent de sujets qu’on n’entend pas dans les gros titres. En outre, j’écoute beaucoup de podcast, un média fait pour approfondir.
J’ai aussi très peu d’abonnements Instagram. Je préfère acheter une revue par mois, lire des articles de blogs, des essais, des romans ou des documentaires.
C’est LA meilleure façon de s’informer : approfondir les sujets, ne pas survoler pour éviter de se faire une opinion à deux sous.
L’angoisse des gros titres
L’information spontanée et les gros titres m’angoissent. Ils ne nous informent pas vraiment : ils nous montrent en boucle que le monde va mal. Le seul résultat pour les « petits gens » que nous sommes, impuissants face à ces événements, c’est de nous rendre anxieux ou déprimés.
On nous sert les mêmes acteurs en boucle : Trump, Israël, les ministres et ex-ministres… Cette répétition sans lueur d’espoir finit par lasser. On finit par abandonner l’information, surtout à l’ère de l’IA où la falsification des images renforce la méfiance.
Nos cerveaux ont des limites : le constat de l’infobésité
On parle d’infobésité et de surcharge informationnelle. En France, 46 % de la population se dit usée par la quantité d’informations subie (Digital News Report 2024). C’est une charge mentale en plus du reste. Nos cerveaux et nos émotions ont des limites.
Cette saturation cognitive vient de partout : stories, reels, vidéos… On s’épuise à essayer de faire le tri.
Pour ma part, j’ai arrêté les nouvelles le matin, c’était trop anxiogène. Le problème vient aussi des algorithmes qui poussent à la production de masse.
On privilégie le volume à la qualité.
Des tas de gens n’ont rien à dire, mais se forcent à créer du contenu pour rester « en avant ».
L’esclavage de la visibilité
Trois publications par semaine sur Insta, une vidéo YouTube par semaine, sans compter les likes et les commentaires obligatoires sur LinkedIn… Sinon, on devient invisible.
Cette course aux statistiques se fait au détriment de la créativité et décourage les plus sincères d’entre nous.
On peut se dire : « Je vais à mon rythme ». Mais si votre création n’est vue que par 100 personnes, à quoi bon y passer du temps ?
On se retrouve coincé entre refuser cet « esclavage » et le besoin de partager ce qu’on a à dire ou à vendre. C’est un blocage que je ressens aussi.
La pollution publicitaire, du smartphone à la station-service
Cette surcharge ne s’arrête pas à nos écrans, elle envahit l’espace urbain.
Les devantures allumées, les panneaux publicitaires, la radio dans les magasins…
Et avez-vous remarqué les écrans aux pompes à essence ? Ils diffusent de la pub avec un volume à vous casser les oreilles pendant que vous faites le plein. Personne n’a envie de subir ça.
Pourquoi ça continue ?
Pour l’argent, évidemment. Plus de volume, c’est plus de publicité et de surconsommation. Toutes ces sollicitations créent de la dopamine et notre cerveau en redemande, malgré lui.
Vers une communication responsable :
le choix de la lenteur
La solution est complexe. Elle repose sur chacun de nous :
- diminuer notre consommation d’écrans,
- changer pour des réseaux sociaux sans algorithmes,
- ou exiger des lois pour éteindre les devantures la nuit, par exemple.
On ne peut rien attendre des multinationales dont le seul intérêt est le pouvoir.
Rien ne nous oblige à publier autant si nous en avons marre. Si nous ralentissons tous, nous pourrions nous réunir plus souvent dans des lieux physiques ou créer du vrai contenu de qualité. Cependant, il s’agit d’une action d’envergure bien difficile à mettre en place…
Il faut ressusciter l’attente
et le désir chez l’autre,
plutôt que de le saturer.
Alors bien sûr, en créant ce contenu, que je vais aussi partager sur les réseaux sociaux, je rajoute de l’information à l’espace déjà saturé. Mais j’ose espérer, du moins j’essaie, de rajouter de la quantité à la qualité.
De manière général, j’axe sur la qualité plus que la quantité. C’est cette direction là que chacun devrait prendre et oublier l’algorythme et sa dictature du toujours plus (connaissez vous le « brain rot » ? Non et bien il vaut mieux pour vous 🙂
Heureusement, une tendance émerge dans l’entrepreneuriat : on ne cherche plus forcément le plus grand nombre d’abonnés, mais une communauté petite, sincère et alignée.
Mon cheval de bataille, c’est ça : la communication responsable et la slow communication. Communiquer avec transparence, humanité et responsabilité.
Image : sources : Freepik, Gemini (image de couverture conçu à partir des mes propres visuels) et moi-même.
Rédaction : Je rédige toujours tout moi-même avant de corriger les fautes, ou les mauvaises tournures de phrases avec l’IA.

